Rome

févr. 2025

Dimanche 16.02

On va calmer tout de suite les fans d’Etienne Daho: non, c’est pas un weekend, mais bien une semaine qu’on s’apprête à passer à Rome en amoureux ! Premier voyage en couple avec Mélanie et toute l’anticipation du voyage est présente alors qu’on embarque à 14h et quelques dans le train pour Milan où on va ensuite changer pour Rome. Par contre, on peut effectivement laisser au chanteur l’essence de la Dolce Vita à l’italienne, comme il dit dans la chanson, « douceur de vivre ».

On sait qu’on a environ 50min pour le changement, confortable, mais avec la notion toute italienne de la ponctualité, on préfère viser large. Néanmoins, à l’approche de Milan autour de 18h, les estomacs gargouillent, donc on manigance de trouver une pizzeria aux abords de la gare où on peut se commander 2 pizzas à l’emporter. Le plan: filer récupérer les ‘zap et revenir choper le train pour Rome avec un snack deluxe en prime. Ça se déroule comme sur des roulettes, en revenant à la gare, on arrive pile sur le bon quai, notre train nous attend et on s’installe bien confortablement en première classe (petite surprise du chef pour mon amoureuse).

Arrivée à Rome pile à l’heure vers 22h15, une petite quinzaine de minutes de marche pour rejoindre notre AirBnB idéalement situé à deux pas de la Basilique Santa Maria Maggiore, on pose nos affaires, et on ressort pour un petit verre dans un speakeasy « The Barbershop » véritablement un barbier au premier abord, mais quand on sonne à la porte d’à côté on est accueillis et entraînés au sous-sol dans un bar très cosy et une ambiance « quasi-prohibitonnesque ». On finit la soirée en rentrant chez nous avec un petit crochet par le Colisée magnifiquement illuminé de nuit, là ça y est, on est bel et bien à Rome, c’est très impressionnant et presque un peu magique de voir ce monument sans le fourmillement de touristes. Belle entrée en matière.

Lundi 17.02

Nom de bleu si on a bouffé des kilomètres ce jour-là (plus de 20’000 pas, mon podomètre doit se poser des questions) ! On avait délibérément choisi de s’offrir une première journée sans visites culturelles pour récupérer du voyage et s’acclimater à la vie romaine. On commence donc par un petit brunch dans un super café avec une déco un peu art nouveau très sympa et ensuite, le plan c’était tout simplement de se perdre dans les rues. On s’est baladés autour du marché ouvert de Campo De’ Fiori, Piazza Navona, le Panthéon etc. La foule de touriste est quand-même un peu présente, même si on reste en basse saison. Qu’est-ce que ça doit être au pic touristique !

Pause déjeuner chez Sora Margherita sur recommandation de Margot, et passage OBLIGATOIRE par les traditionnelles pasta carbonara (sans crème ni dés de jambon, que la chose soit dite une fois pour toute). Délicieux. Le reste de la journée continue d’être rythmé par les balades au gré des rues - soit dit en passant, les romains sont nuls en rues, à croire qu’ils se sont pas dit qu’il y avait eu des avancées technologiques depuis les voies impériales. Les pavés sont inégaux et on pourrait avoir vite fait de se tourner une cheville si on n’est pas attentifs.

Pour la soirée, on se rend du côté de la Fontaine de Trévi, qui à notre grand soulagement n’est plus en rénovation ! Il faut admettre que c’est très impressionnant cette orchestration aquatique et les éclairages nocturnes lui donnent encore plus de beauté ! C’est vraiment comme un décor d’opéra. J’avais déniché un rooftop pour l’apéro, mais grande désillusion en y arrivant, le Spritz est affiché à 25€ (!) Vous êtes choux les copains, mais faut pas déconner. On se trouve donc une terrasse beaucoup plus abordables dans une rue un peu plus loin. Pour finir en douceur, le restaurant du soir est une super trattoria où on se partage une Panzanella, des saltimbocca alla romana pour moi, et évidemment un tiramisu maison en dessert.

Maintenant hop hop hop au dodo, parce que les pieds, ils ont bobo.

Mardi 18.02

Cette fois-ci on entre dans le vif du sujet avec les visites des trucs vieux. Ce matin, c’est Colisée, Forum Romain et Mon Pallatin (super alexandrin). Il y a vraiment quelque chose de spécial à arpenter ces ruines, ça a réellement une âme qui a vue milles vies. J’aime essayer d’imaginer à quoi aurait pu ressembler la vie banale des romains il y a 2000 ans en observant les ruines depuis la terrasse du Mont Palatin. Les maisons se reconstruisent, les immenses temples retrouvent leur imposante grandeur, et j’imagine comment ça pouvait grouiller de monde qui vaque à leur quotidien, ça me transporte. Fort heureusement, c’est pas trop bondé de touristes, malgré quelques Français très… français (« Ah carrément »).

L’après-midi est plus calme, on va visiter les sous-sols historiques de la Basilique St-Clément qui remontent dans les siècles au fur et à mesure qu’on descend dans les étages. À nouveau un sentiment intriguant de la quantité de vies banales dont ces murs ont été témoins au fil des années. On termine l’après-midi par une petite pause dans le parc de la Villa Celimontana avant de se diriger vers la Place d’Espagne et ses fameux escaliers pour une petite glace (interdit de manger ou même de s’asseoir sur les escaliers). Petit coucher de soleil au sommet des marches avant de trouver un petit café, « Cabernet Voltaire » pour un apéro avant d’aller à la pizzeria du soir. Espresso Martini incroyable - on est en Italie après tout - et pizza au top pour clôturer cette journée.

Mercredi 19.02

Visite culturelle obligée pour quiconque vient à Rome: ce matin, direction le Vatican, ses musées, et autres photos de Jesus etc. etc. Assez bluffés par l’efficacité du système de file d’attente, et soulagés d’avoir pris nos réservations en avance pour ce genre de trucs. Mais c’est vraiment l’industrie du tourisme de masse, c’est un peu oppressant à la limite. Toute la visite se déroule vraiment un peu comme un genre de train fantôme, on est un peu forcés de suivre le flux des touristes qui sont entrés à la même heure que nous, et pas vraiment de liberté de s’arrêter ou de prendre notre rythme. Et pour tout dire, les gens sont vraiment égoïstes dans ce genre de situations; on se fait bousculer pour que machine puisse prendre sa photo d’influenceuse devant tel ou tel vieux bidule, la foule est dense… C’était pas la visite qui m’a le plus ému. Même la Chapelle Sixtine a un petit goût de « meh ». Mon imaginaire se figurait un truc grandiose, un peu solennel, mais en fait c’est une salle assez sombre, noire de monde, avec des gardes qui font « chuuuut » en continu… Certainement pas les meilleures conditions pour visiter tranquille, mais ils ont pas voulu privatiser pour nous, donc voilà.

La seule chose qui m’a impressionné dans cette visite c’est les deux bustes de Bernini (Âme sauvée et Âme damnée) exposés côte à côte et qui sont prenants de vie à presque entendre les hurlements du damné. Bernini, on n’a pas envie de se croiser, copain.

Par contre la suite de la journée nous correspond beaucoup plus, on redescend la Via della Conciliazione direction le Tibre, impressionnés par les processions de pèlerins qui remontent l’allée chaque 15min (à nouveau, sacré industrie qui doit générer une chiée de pognon sur le dos de la piété, mais je reconnais que ça doit donner des frissons pour les croyants qui font ce chemin vers l’épicentre de leur religion).

On termine la matinée dans le quartier de Trastevere, hyper chouette, beaucoup plus calme, et on trouve ensuite un joli café pour un capuccino digestif dans un cadre qui rappelle une boulangerie des années 50. Les tables sont arrangées autour des vieux pétrins, des fours, etc. C’est vraiment très atypique. Par contre à nouveau, je perds foi en l’humanité en observant une influenceuse se faire prendre en photo devant la vitre du café, en posant artificiellement avec divers accessoires. Vraisemblablement son copain la prend en photo, et je suis abasourdi du manque de joie et d’authenticité qui émane de ce moment, de cette personne…

Le froid et la légère pluie ont raison de nous pour la fin de cette journée, retour au bercail pour une soirée cocooning.

Jeudi 20.02

Visite culturelle du matin: la Villa Borghese, hautement recommandée et effectivement qui vaut le détour. Rien que l’architecture et la décoration des pièces valent le détour, c’est opulent, sole en marbre incroyable, hauts plafonds, la totale. J’ai pas beaucoup prêté attention aux tableaux à vrai dire, mais j’ai été époustouflé par les sculptures de Bernini qui y sont exposées. Pour dire que c’est à la base juste un gros tas de cailloux, c’est extraordinaire la vie que ce sculpteur a pu insuffler dans ses oeuvres. On sent vraiment la poigne du dieu Pluton dans la cuisse de Prospérine dans cette sculpture qui illustre son mythologique enlèvement. On entendrait presque le souffle de l’effort de David qui arme son jet de fronde, ou encore Apollon qui est témoin impuissant du début de transformation de Daphné en arbre. Pour le coup, je suis vraiment époustouflé.

Après la visite, je me balade un petit moment dans le parc Borghese avant de rejoindre Mélanie dans un super petit café proche du Colisée (on le voit à tous les coins de rue ce vieux machin). La Villa Borghèse ne la tentait pas plus que ça, alors sa matinée a été dédiée à elle-même avec un RDV chez le coiffeur. Je la retrouve donc avec des boucles somptueuses pour un petit en-cas avant d’attaquer la suite de notre journée.

On fait quelques friperies dans l’après-midi, malheureusement sans succès, dommage. On ne nous verra pas arborer notre plus beau swag italien cet été. Juste notre plus beau swag naturel.

Et pour terminer la journée, on part en excursion à Santa Severa au bord de mer pour admirer le coucher de soleil sur une plage vide (sur la plage abandonnéééée, coquillages et cursatcéééés). Et dire que dans moins de 6 mois, y’aura plus un mère carré dispo pour se poser, on se sent vraiment privilégiés ! Étonnamment, le bled est à l’image de la plage, à savoir complètement desert ! C’est vraiment une station balnéaire qui vit l’été, y’a pas un chat, et pas un resto d’ouvert ! On regarde donc quelles sont nos meilleures options pour retourner dans Rome pour le soir. On achète de qui se faire un petit apéro pour le train dans le seul mini-marché ouvert, et on prend le train en grand banditisme, sans payer nos tickets (Interpol nous voilà).

De retour à Rome, on trouve un chouette restaurant où on s’en donne à coeur joie avec des plats à la truffe, et on finit par un petit digestif dans un autre speakeasy, le Club Derrière (c’est pas du tout ce que vous imaginez). Un peu plus bruyant que le bar cosy de dimanche, mais quand-même très sympa pour finir cette journée bien chargée !

Vendredi 21.02

Dernière journée entière, c’est fou comme c’est passé vite ! On commence par un super brunch en terrasse ensoleillée avant d’aller dévaliser un supermarché pour trouver des souvenirs (comprendre par là, énormément de bouffe. Mais vraiment, énormément). On avait chacun prévu un grand sac vide à cet effet, mais là, je réalise qu’il va peut-être nous falloir un sherpa tellement on va être chargés sur le retour. Mais bon, la bouffe italienne, on ne regrette pas un petit mal de dos !

Cet après-midi on vaque chacun de son côté. Mélanie va arpenter l’antique Via Appia à la sortie de Rome sur des pavés millénaires et pendant ce temps je retourne à une de mon activité favorite, errer et me perdre dans les rues. Je ne sais pas pourquoi, mais ce genre de vagabonderie me plaît toujours énormément quand je visite une ville. Je déambule tranquillement, je joue à « pif-paf-pouf » à chaque croisement pour voir de quel côté poursuivre mon chemin, et je trouve très relaxant - malgré les kilomètres - le fait de se laisser porter tranquillement comme ça alors que tout le monde autour file et poursuit un peu la montre.

On se retrouve en fin d’après-midi pour reprendre une petite glace au pied des marches de la Place d’Espagne, et on se rend ensuite à la Terrazza del Pincio pour le coucher de soleil. Il y a une foule d’enfer (à nouveau les influenceurs qui me rendent fou), du coup, on préfère se rabattre sur une terrasse beaucoup moins fréquentée, à 100m de là, et on profite du magnifique coucher de soleil sur la ville.

Pour terminer la journée, on se rend dans le quartier de Coppede, un peu plus excentré mais réputé pour son style Art Déco très original. Ça fait du bien de s’éloigner du centre plus touristique, et on se trouve un resto où on doit effectivement être les seuls non-romains à manger. C’est délicieux, et ça fait un bien fou de se retrouver comme ça en terrasse dans une zone plus calme ! Après le resto, on revient à proximité de notre appartement et on s’aventure dans un bar-restaurant complètement fou, le Black Market Hall, où on voulait voir un concert de musique live. Le bar est vraiment fou. Comme l’immeuble est dans une rue en pente, c’est un enchaînement de salle en sous-sols, et le concert se trouve deux étages plus bas, dans une cour intérieure ! Par contre c’est blindé, apparemment tout le monde avait réservé une table, et on est un peu cougnés debout à essayer de ne pas déranger les serveurs. Mais vraiment une super chouette ambiance !

Samedi 22.02

Bon baaaah voilà, toutes les bonnes choses ont une fin (oui, sauf le saucisson qui en a deux). Dernière activité culturelle de cette semaine riche en découverte: le Palais Colonna. C’est une très très très très vieille famille romaine, qui a été mécène d’énormément d’artistes, et une partie de leur palais est ouvert au public les vendredis et samedis matins. Et là, toute autre ambiance qu’au Vatican, probablement parce que c’est un peu plus niche comme visite. Déjà, le staff à l’accueil est super attentionné, nous adressent directement en français pour nous indiquer le bon chemin. Et il y a tellement moins de touristes ! Et ceux qui sont là sont civilisés, ils ne bousculent pas, s’ils voient qu’on prend une photo, ils s’éloignent poliment du cadre, c’est fou ! Ça fait du bien de croiser des êtres humains décents pour terminer ces visites culturelles !

La fin de matinée est tranquille, on finit notre paquetage et on se rend direction la gare pour attraper notre train pour Milan où on passe la nuit avant de rentrer en Suisse. Le choc thermique est déjà impressionnant en arrivant à Milan ! Il fait froid et brumeux, bye-bye les spritz en terrasse !

Passage obligé par le Duomo et la Galleria Vittorio Emanuele avant de se rendre dans une pizzeria de dingue pour notre dernier dîner italien de ce voyage ! Une salle immense et un débit de zinzin pour clôturer en beauté ces vacances, on est aux anges. Demain il ne restera plus que la fin du retour en train, déballer les affaires, et Ciao raggazzi, grazie mille !